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Juillet/Août 2014
Violences au travail
L'organisation du travail en question
Violences au travail
Insultes, agressions, isolement, maltraitance, harcèlement, conflits... dans le cadre professionnel, la violence peut s'exprimer sous de multiples formes. Qu'elle soit le fait des usagers de l'entreprise ou de ses salariés, elle laisse souvent des traces physiques et psychologiques durables chez les victimes. Le phénomène ne semble pas marginal. Selon une récente étude de la Dares, plus d'un salarié sur 5 serait concerné. L'organisation du travail joue un rôle clé dans la survenue de ces comportements hostiles. Des travaux de l'INRS ont permis de modéliser les mécanismes organisationnels à l'origine des violences au travail, offrant ainsi un nouveau cadre pour mieux comprendre et mieux prévenir le phénomène. Les explications de Marc Favaro, psychologue et responsable d'étude à l'INRS.
Publication : Mécanismes organisationnels de formation des violences au travail (NS 320)
Mécanismes organisationnels
de formation des violences
au travail (NS 320)
Dossier web : Harcèlement et violences internes
Harcèlement
et violences internes
Dossier : Agressions et violences externes
Agressions
et violences externes
Dossier Travail & Sécurité : Violences externes et incivilités au travail
Violences externes
et incivilités au travail
Vidéos
INRSFrance, la chaîne de la santé et de la sécurité au travail
INRSFrance, la chaîne de la santé et de la sécurité au travail Mettre les productions audiovisuelles de l'INRS à disposition du plus grand nombre, tel est l'objectif de la chaîne Youtube INRSFrance. Prés de 200 vidéos (films, animations, spots, bandes annonces...) portant sur un large éventail de risques professionnels, de métiers ou de secteurs d'activité sont déjà accessibles gratuitement en ligne. Pour faciliter la navigation, les vidéos sont regroupées par thématiques (playlists) : troubles musculosquelettiques (TMS), amiante, BTP, métiers de la santé, risques chimiques, risques mécaniques, risques routiers, risques psychosociaux (RPS)... Il est également possible de s'abonner à la chaîne et d'être ainsi alerté lors de chaque publication d'une nouvelle vidéo.
Conditions de travail
Des risques professionnels contrastés selon les métiers
Des risques professionnels contrastés selon les métiers Une récente étude publiée par la Dares présente un état des lieux des conditions de travail dans les principaux secteurs professionnels. Ces travaux, réalisés à partir des résultats de l'enquête Sumer 2010, montrent que les conditions de travail varient fortement selon les secteurs. Ils font notamment apparaître un clivage important entre les métiers de cadres, caractérisés par une forte demande psychologique et beaucoup de marge de manoeuvre, et les métiers d'ouvriers non qualifiés, marqués par une forte exposition aux contraintes physiques et aux risques chimiques et biologiques.
Fortes chaleurs
Déclenchement du plan canicule
Déclenchement du plan canicule Le niveau de veille saisonnière du Plan National Canicule a été déclenché le 1er juin 2014. Ce plan interministériel a pour objectif de protéger les populations des effets sanitaires des fortes chaleurs estivales. Il vise notamment à informer et à sensibiliser les employeurs sur les risques liés aux très fortes chaleurs (au delà de 30°C). Le travail par fortes chaleurs peut en effet être à l'origine de troubles graves pour la santé mais également d'accidents du travail. En cas d'épisode caniculaire, les conditions de travail nécessitent certaines adaptations afin de préserver la santé et la sécurité des salariés.
Rapport
Articulation santé au travail - santé publique : l'exemple des maladies cardiovasculaires
Articulation santé au travail - santé publique : l'exemple des maladies cardiovasculaires Comment mieux articuler santé au travail et santé publique ? C'est la question à laquelle un récent rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) apporte des éléments de réponse. À travers l'exemple des maladies cardiovasculaires, le rapport met en lumière les avantages d'une approche globale de prévention intégrant pleinement les facteurs professionnels susceptibles d'être impliqués dans la survenue de ces pathologies. Selon les auteurs, cela passe notamment par une meilleure sensibilisation des médecins généralistes et spécialistes aux problématiques de santé au travail. Cette articulation entre santé au travail et santé publique pourrait également contribuer à faciliter le maintien ou le retour à l'emploi des salariés atteints de pathologies chroniques.

Risques chimiques : étiquetage des substances et mélanges
Un règlement européen du 5 juin 2014, modifie la liste des classifications et des étiquetages des substances dangereuses du règlement CLP (Classification, labelling, packaging). Cette 6e adaptation y introduit 14 nouvelles substances. Elle modifie également la classification et l'étiquetage de 8 substances déjà présentes.
Transport routier
Un arrêté du 3 juillet 2014 rend obligatoires, pour les activités de transport de déchet, les dispositions de l'accord du 10 juillet 2013 qui adapte, pour les conducteurs des véhicules de plus de 3,5 tonnes, les programmes de la formation initiale minimale obligatoire « marchandises » (FIMO) et de la formation continue obligatoire (FCO).


Statistiques sur mesure Statistiques sur mesure est un site web créé par l'IRSST (Québec). Il décrypte les données statistiques sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Le premier dossier thématique apporte des éclairages sur les écarts de sinistralité observés entre les hommes et les femmes.

Chariot élévateur : comment choisir la ceinture de sécurité Cette fiche de l'IRSST (Québec) propose un guide pour choisir la ceinture de sécurité la plus appropriée afin de protéger les conducteurs de chariots élévateurs à contrepoids (porte-à-faux).

Un employeur peut-il soumettre un salarié à un dépistage de drogues ?
Non. Conformément à la réglementation en vigueur, les techniques actuelles de dépistage de consommation de drogues constituent un examen de biologie médicale, y compris celles permettant un résultat rapide (exemple : test urinaire ou salivaire). Ils ne peuvent être réalisés que par un biologiste médical ou, pour certaines phases, sous sa responsabilité. D'autre part, l'employeur ne peut pas imposer au médecin du travail de prescrire un test de dépistage chez un salarié, même si une liste de postes de « sûreté et de sécurité » est inscrite au règlement intérieur. Il est par ailleurs à noter que les tests actuels présentent des limites importantes en termes de fiabilité. Selon le Comité consultatif national d'éthique, 11 à 16 % des résultats fournis par ces tests sont faussement positifs. La mauvaise réalisation du test peut aussi aboutir à un résultat faussement négatif. Enfin, les tests à lecture rapide ne permettent pas de détecter toutes les drogues et notamment les nouvelles drogues de synthèse dont le nombre est en augmentation rapide.




Publication
Fiches d'aide au repérage et à la substitution des produits cancérogènes
http://kiosque.inrs.fr/alyas/view/go/3903/2 Une nouvelle fiche d'aide au repérage (FAR) de produits cancérogènes vient d'être publiée, concernant l'entretien des espaces verts. Par ailleurs, 15 fiches FAR et une fiche FAS (aide à la substitution) ont été mises à jour. Au total, 87 fiches FAR ou FAS sont aujourd'hui disponibles.

Publication
Les équipements de chauffage industriels par micro-ondes (ED 4213)
Les équipements de chauffage industriels par micro-ondes (ED 4213) Cette fiche présente les principales applications des équipements de chauffage industriels par micro-ondes ainsi que leurs risques pour la santé. Elle précise les valeurs réglementaires déclenchant l'action de prévention et les grandes lignes du mesurage pour l'évaluation de l'exposition au poste de travail.

Publication
Exposition aux cosmétiques et risques pour la grossesse chez les coiffeuses (TC 147)
Exposition aux cosmétiques et risques pour la grossesse chez les coiffeuses (TC 147) Cet article de la revue Références en santé au travail dresse un état des lieux des connaissances actuelles sur les risques pour la grossesse liés à l’utilisation des produits cosmétiques dans le secteur de la coiffure. Il propose notamment des conseils de prévention et des récommandations pour protéger les coiffeuses et notamment les femmes enceintes.






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Violences au travail
L'organisation du travail en question

Violences au travail
Insultes, agressions, isolement, maltraitance, harcèlement, conflits... dans le cadre professionnel, la violence peut s'exprimer sous de multiples formes. Qu'elle soit le fait des usagers de l'entreprise ou de ses salariés, elle laisse souvent des traces physiques et psychologiques durables chez les victimes. Le phénomène ne semble pas marginal. Selon une récente étude de la Dares, plus d'un salarié sur 5 serait concerné. L'organisation du travail joue un rôle clé dans la survenue de ces comportements hostiles. Des travaux de l'INRS ont permis de modéliser les mécanismes organisationnels à l'origine des violences au travail, offrant ainsi un nouveau cadre pour mieux comprendre et mieux prévenir le phénomène. Les explications de Marc Favaro, psychologue et responsable d'étude à l'INRS.

Comment définir la violence au travail et comment s'exprime-t-elle dans le cadre professionnel ?

La violence est un phénomène universel, inhérent à tous les collectifs humains. Elle n'épargne pas le monde de l'entreprise. Les violences au travail regroupent l'ensemble des actions –comportementales ou verbales – dirigées à l'encontre de personnes ou de biens à l'initiative d'autres personnes, généralement en lien avec des situations ou des contextes professionnels dégradés. Elles sont symptomatiques d'une certaine détérioration du « vivre ensemble » au travail et plus généralement un révélateur de dysfonctionnements de l'organisation du travail. Les violences peuvent prendre des formes diverses. Il peut s'agir de violences « événementielles », c'est-à-dire exercées par des personnes de façon soudaine, par exemple une rixe, un échange d'insultes, un échange de coups, des dégradations d'équipements… Les violences peuvent aussi être plus diffuses et se développer sur le long terme. On parlera alors de violences « processuelles » : harcèlement, maltraitance, ostracisme, isolement, relations sournoises, diffusion et entretien de rumeurs... Quels qu'ils soient, ces comportements hostiles ont des effets délétères. Outre les éventuelles séquelles physiques, ils peuvent altérer durablement la santé psychologique des victimes et favoriser la survenue de stress, d'anxiété, de dépression.


Quel est le rôle joué par l'organisation du travail dans l'apparition des violences ?

Malgré certaines idées reçues tenaces, il est très rare que les violences soient uniquement liées à la présence de personnalités agressives ou pathologiques au sein du collectif de travail. On ne peut donc les résumer à des problématiques individuelles. Au contraire, l'émergence des violences résulte d'une mécanique collective. Depuis plusieurs années, l'INRS mène des travaux de recherche qui ont contribué à modéliser ces mécanismes. Il apparaît ainsi que les violences se développent en réaction à des failles ou des dérèglements de l'organisation du travail. Et de nombreux facteurs peuvent venir altérer le fonctionnement de l'entreprise. Certains sont liés à l'environnement économique (concurrence, pression des actionnaires, rachat...), d'autres aux choix stratégiques (évolutions technologiques, politique de l'emploi, survalorisation des performances individuelles...). Ces « perturbateurs », internes ou externes, contribuent à générer et à entretenir une instabilité ou un certain flou dans les règles de fonctionnement de l'entreprise. Par effet d'accumulation, des « dérives organisationnelles » peuvent survenir : retards, absentéisme, non-respect des procédures, isolement de services... Ces dérives vont à leur tour favoriser l'apparition de « conflits interpersonnels » (rivalités, jalousie, formation de clans, suspicion…), sources de « mal-être organisationnel » (sentiment d'injustice, malaise, cynisme, frustration, colère...) et pouvant entraîner des « comportements déviants » (fraudes, vols, atteintes aux biens). C'est dans ces climats dégradés que les actes de violences se développent, en réaction à un environnement de travail lui-même vécu par les salariés comme agressif et violent. Mais ainsi que le modèle d'analyse proposé l'indique, ils ne sont que la partie visible, le maillon final d'une chaîne d'évènements antérieurs, de dérives mal ou non maîtrisées.


Quelles sont les clés pour prévenir durablement les risques de violence dans l'entreprise ?

La bonne compréhension des mécanismes organisationnels susceptibles de conduire à des actes de violences est un préalable important pour les prévenir et, en ce sens, le modèle proposé par l'INRS constitue un outil utile pour guider l'action. Une entreprise confrontée à ce type de problème doit en priorité y mettre fin rapidement et apporter un soutien aux salariés victimes. Mais la prévention durable suppose d'agir en amont sur les facteurs qui ont favorisé leur survenue. Car si rien n'est fait, les mêmes causes produiront peu ou prou les mêmes effets. Il est ainsi nécessaire d'examiner rapidement la ou les situations de violence lorsqu'elles se manifestent afin d'identifier les éléments objectifs et factuels impliqués. Cette tâche peut s'avérer difficile à mener « à chaud » car les manifestations émotionnelles tendent à parasiter l'analyse. Le diagnostic doit être réalisé dans le cadre d'un groupe-projet réunissant la direction, le management, les représentants du personnel, les membres des services de santé au travail. L'objectif est de définir un plan d'action adapté au contexte et aux spécificités de l'entreprise. Les efforts doivent porter en priorité sur l'organisation du travail. Certains ajustements peuvent suffire à rétablir une situation dégradée : clarifier les rôles et les missions de chacun, mettre en place des réunions d'équipe pour échanger sur les différends, renforcer la cohésion des collectifs de travail… Il est à noter que l'intervention de médiateurs est parfois nécessaire pour parvenir à des compromis acceptables par tous. Agir sur la conception des lieux et des situations de travail peut aussi s'avérer judicieux. Dans les entreprises recevant du public notamment, l'aménagement des espaces d'accueil et la mise en place de dispositifs d'information contribuent à limiter les actes de violence des usagers. Des actions individuelles peuvent aussi être mises en œuvre en complément de la prévention collective. Certaines formations permettent en effet d'aider les salariés à gérer les situations difficiles. Le suivi dans la durée suppose enfin de porter une attention soutenue au climat de l'entreprise et d'identifier le plus rapidement possible les signes précurseurs d'une dégradation.
Publication : Mécanismes organisationnels de formation des violences au travail (NS 320)
Mécanismes organisationnels
de formation des violences
au travail (NS 320)
Dossier web : Harcèlement et violences internes
Harcèlement
et violences internes
Dossier : Agressions et violences externes
Agressions
et violences externes
Dossier Travail & Sécurité : Violences externes et incivilités au travail
Violences externes
et incivilités au travail



La Lettre d'information est éditée par le département Produits d'information de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Directeur de la publication : Stéphane PIMBERT, directeur général de l'INRS. Rédacteur en chef : Jacques GOZZO. Routage : logiciel SYMPA. Copyright INRS. Tous droits réservés. Conformément à la loi 2004-801 du 6 août 2004 (...) modifiant la loi 78-17 du 6 janvier 1978, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent. Pour l'exercer, adressez-vous à l'INRS - 65 boulevard Richard Lenoir - 75011 Paris ou écrivez à contact@kiosque.inrs.fr



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